Robin - Handineo

"J’ai toujours voulu avoir un impact positif autour de moi, quelle que soit mon échelle. Le nocode m'a permis de me lancer."

Robin - Handineo

Quelques chiffres

⚡️ Création : 14 septembre 2020

🌎 Site : handineo.fr 

😎 Equipe : 1 fondateur, 0 salarié

⚙️ Outil nocode : Bubble

Bonjour Robin, peux-tu nous présenter Handineo ?

Handineo a pour but de favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, en redonnant aux entreprises le pouvoir d’agir concrètement. Nous avons choisi de leur confier des outils pour réaliser un accompagnement de qualité. En ciblant l’entreprise plutôt que le candidat individuellement, nous maximisons notre action.

L'interface d'Handineo
Pourquoi as-tu lancé Handineo ?

J’ai toujours voulu avoir un impact positif autour de moi, quelle que soit mon échelle. Quand j’étais étudiant, j’organisais des stages humanitaires en Afrique pour installer des panneaux solaires sur des écoles et des hôpitaux. Régulièrement, je participe à des projets solidaires et je me suis dit que le jour où je pourrai créer quelque chose qui aurait plus d’impact, je le ferai. 

Le handicap est un terrain qui est quasi neuf car les acteurs existants peinent à se renouveler et les startups à impact qui se lancent choisissent plutôt l’environnement ou la « Silver Economy ». Pourtant, il y a énormément de personnes à aider, c’est pour cela que j’ai décidé de proposer une solution d’accompagnement.

Pourquoi le nocode ?

Le choix du nocode était une évidence, malgré mon cursus d’ingénieur. J’ai fait du développement web et mobile pendant mes études, mais il n’y avait aucun moyen de construire une application web de A à Z en maitrisant tout. Il fallait composer une équipe avec des ingénieurs spécialisés en front-end, back-end, base de données, UX, UI et c’était impossible de maitriser toutes ces compétences individuellement.

Bubble a réussi à simplifier à un tel point que si tu te formes à Bubble, tu peux obtenir le même résultat qu’avec une équipe de 5 personnes. 

Pour lancer Handineo, j’avais plusieurs choix :

  • M’associer avec des gens dans la tech car je suis polyvalent mais je ne maitrise pas en profondeur toute la chaine de production d’une application web. Le souci c’est qu’au démarrage, je ne savais pas où j’allais donc c’était très compliqué d’embarquer des gens dans l’aventure. 
  • Passer par une agence externalisée, mais quand tu ne sais pas ce que tu veux réaliser le cahier des charges est très dur à définir et à estimer. Tu n’es même pas certain de la priorisation des fonctionnalités. 
  • Me former pour tout apprendre moi-même sur des technos récentes comme React : ça me demandait 1 an d’études supplémentaire.
  • Me former à Bubble, faire tout moi-même quitte à ce que ce soit moyen mais au moins je n’aurai pas dépensé grand-chose et cela pourrait me servir ensuite.
  • Déléguer la création de la web App à une agence spécialisée Bubble. Dans ce cas les frais étaient divisés par 3 par rapport à un développement sur du code classique mais je n’aurai pas été en mesure ensuite de faire les évolutions moi-même alors que le projet évolue tous les mois voir toutes les semaines.

J’ai fait le choix de me former et de ne quasiment rien dépenser en dehors de la formation. 

J’avoue qu’au départ j’étais réticent à utiliser Bubble car nous manquons de recul sur leur technologie et je ne voulais pas prendre le risque de planter mon projet en cas de souci sur leur plateforme ou de ne pas pouvoir faire évoluer la plateforme et repartir de zéro. J’ai donc interrogé des porteurs de projet pour voir si c’était compatible avec mes attentes, ce qui était le cas, et je me suis lancé ! 

Dans un début de projet, c’est l’outil parfait, et aujourd’hui il est tellement puissant que j’espère continuer à l’utiliser longtemps.

Comment as-tu fait évoluer ton offre ?

Quand tu conçois un projet, tu te poses la même question toutes les semaines : est-ce que je suis sur la bonne direction ? Est-ce que je vais proposer va vraiment servir ? Se vendre ? Avoir de l’impact ? 

Et toutes les semaines, tu parles à plein de gens : des étudiants, des experts, des coachs des intervenants, des mentors… tu remets donc en question ton projet de manière itérative et tu te rends compte que le projet évolutif n’a plus grand-chose à voir avec ton projet de départ…

Commencer un projet de zéro est très difficile et tu ne peux pas partir sur une trajectoire toute tracée que tu garderais coûte que coûte. Si tu ne remets rien en question, tu n’es pas sûr d’avoir autant d’impact que si tu avais redéfini les différentes briques du projet au fur-et-à-mesure.

Il faut te projeter le plus loin possible et en même temps le plus court possible. Tu fais donc des allers-retours en continu ! Tu prends beaucoup de notes, tu dessines pas mal de mindmaps, de maquettes…

J’aime bien aussi repartir d’une page blanche assez régulièrement car quand tu travailles avec de l’existant ça peut biaiser ta nouvelle réflexion. Tu vas t’attacher à des détails que tu ne veux pas enlever et que tu vas répliquer dans ton nouveau projet. Tu ne dois cependant pas perdre de vue l’objectif final : la mission que tu t’es fixé.

Comment vis-tu ces changements incessants ?

J’essaye de garder les gens informés du projet à plusieurs échelles. C’est vrai que pour mes proches, c’est un peu compliqué à suivre pour eux mais ils sont patients et de très bons conseils. 

Une fois que mon discours est plus clair avec eux, je l’expose à des personnes plus extérieures pour avoir un avis encore plus critique.

J’ai aussi mené des tests grandeurs nature sur certaines idées pour voir si elles étaient viables. En cas d’échec, ça ne prouve pas forcément que ton idée est mauvaise, mais que l’exécution prévue n’était pas adaptée. Tu pourras donc t’y repencher plus tard avec une autre proposition d’exécution si tu le souhaites.

Mon obsession au lancement c’est de créer quelque chose qui apporte de la valeur. Et ensuite, de voir comment rendre ce projet pérenne. Sur certains projets, la rémunération est assez évidente et immédiate alors que d’autres vont se créer sans avoir trouver de modèle économique. N’oublie pas que plus tu avances, plus tu vas avoir de nouvelles idées, des nouvelles fonctionnalités et potentiellement tu découvriras de nouvelles possibilités de revenus.

Comment fais-tu pour passer de l’idée à la réalisation concrète ?

Je suis un bon exemple de celui qui a tout essayé avant de se lancer dans une direction ! Forcément, c’est plus lent car tu testes tout et c’est assez frustrant quand tu te compares à ceux qui exécutent rapidement et ont leurs premiers clients avant toi.

Au bout d’un moment, tu vas accumuler assez d’idées pour composer le projet cohérent que tu proposeras à tes clients. Pas de chance, les 10 employeurs à qui j’ai proposé la solution n’ont pas donné suite à ma proposition. Je pense que je manquais de recul sur leurs attentes mais ça m’a permis de mieux les comprendre.

Dans le même temps, d’autres personnes ont repéré le potentiel du projet. L’incubateur de la Croix Rouge a décidé de booster le projet et j’ai pu coconstruire avec un organisme qui était aligné sur ma vision.

Lorsque tu proposes ton produit réel et que tu es vraiment à l’écoute des gens, tu vas découvrir des points bloquants qui ne sont pas les mêmes que lorsque tu parles juste de l’idée autour de toi. Donner son avis sur un produit et en être le client sont 2 postures différentes.

Pour valider mon concept à impact, je proposais une mission de conseil courte auprès des entreprises. Ce produit n’était cependant pas aligné avec ce que recherchait la cible, le MVP ne remplissait pas sa mission du point de vue économique. Mais a permis de valider certaines hypothèses, notamment que celle-ci était prête à passer sur un format digital.

J’ai remarqué que les entreprises utilisaient des ressources trouvées sur internet (mais difficiles à appréhender), ou faisaient appel à des cabinets de conseils pédagogiques mais chers. J’ai donc choisi de mixer les 2 en fournissant des ressources de qualité en libre accès avec un accompagnement humain pour les points plus techniques.

Le pricing est un vrai sujet. Dans le domaine du handicap, il y a beaucoup de mesures qui incitent les entreprises à agir et donc d’allouer un budget à ce poste. 

Même si j’apporte une solution à un enjeu qui coûte très cher à l’entreprise, sa valeur perçue est faible. C’est le problème d’un produit digital et dans l’imaginaire collectif un produit digital ne coûte pas cher, même s’il est la meilleure réponse à une problématique.

Je suis donc en compétition avec des cabinets de conseil qui proposent un accompagnement 10 fois plus coûteux ! Dans la tête du client, une solution numérique abordable ne peut pas répondre aussi bien à ses problématiques qu’un cabinet hors de prix.

Comment gères-tu ton projet ?

Je suis à temps plein dessus depuis le début, à raison de 10h par jour donc j’ai pu avancer rapidement. Les stagiaires que j’ai accueillis ont également contribué au projet.

Avec des outils comme Notion, je me libère de la charge mentale et je planifie mieux mon activité. 

Je n’ai pas encore franchi le pas de l’automatisation car à mon niveau il n’y a pas encore de process standardisés et je perdrais plus de temps à les créer et les modifier.

Aujourd’hui j’ai l’impression que je ne pourrai pas embarquer d’autres personnes sur le long terme tant que je n’aurai pas prouvé la viabilité financière du projet même si moi j'en suis convaincu.

Quel est ton état d’esprit dans cette aventure ?

Au début, j’ai eu le syndrome de l’imposteur pour plusieurs raisons :

  • Je sors juste d’école et je lance un service pour les entreprises alors que je n’ai pas encore d’expérience professionnelle
  • L’offre vise les RH, j’avais une formation d’ingénieur
  • Ma mission concerne le handicap alors que moi-même je ne suis pas en situation de handicap. 

En y réfléchissant, je me suis dit que j’étais quand même légitime car j’apportais un regard neuf pour résoudre ce problème. Un point sur ses forces et ses faiblesses aide à être plus objectif. 

Plus j’avance, plus je me rends compte qu’en se formant sur un sujet, tu en connais plus que 80% des gens sur ce sujet. Mis bout à bout, tu finis par construire ta légitimité. J’ai passé une certification sur le handicap au travail par le biais de mon école et j’ai fait beaucoup de rencontre pour comprendre les vrais besoins.

J’ai adoré lancer des projets tech pendant mes études, que ce soit avec mes profs ou mes amis qui impliquaient de l’IA, des drones, des jeux vidéo… Tout ce que j’ai appris dans la gestion de projet, théoriquement ou pratiquement, m’a servi pour Handineo.

Ce qui m’a conforté pour lancer Handineo c’est qu’en écoutant les REX d’autres entrepreneurs j’ai vu un point commun chez ceux qui réussissaient : ils avaient tous entrepris des projets avant. Je me suis reconnu dans leurs témoignages et je me suis dit que j’avais aussi mes chances de réussir !

Comment as-tu été accompagné ?

J’ai mixé des programmes d’incubation différents, ce qu’on ne m’avait pourtant pas recommandé. Pourtant, les avantages sont nombreux : tu auras des regards différents sur ton projet et des approches d’accompagnement complémentaires. J’ai aussi élargi mon réseau, fais plus de rencontres avec des personnes spécialisées dans leur domaine. 

Pour que l’expérience soit réussie, tu dois cependant t’engager auprès de ces programmes qui te demandent de t’investir pour faire vivre l’écosystème. C’est indispensable pour ne pas faire baisser la qualité du programme mais ça peut être très chronophage et parfois rendre les programmes incompatibles entre eux.

Ce que tu aurais aimé savoir en te lançant ?

Tester son idée est très facile, on a cette chance d’avoir pleins d’outils gratuits sur internet. Si tu as plein d’idées mais que tu ne les testes pas et que tu ne fais qu’y réfléchir, tu ne te lanceras jamais.

Il y a une tonne d’outils nocode abordables ou carrément gratuits pour lancer ton projet rapidement et tester tes idées. Utilise-les et tu développeras plus tard ton outil sur-mesure.

Si tu te sers de Bubble, penses à bien structurer ta base de données dès le départ car tu seras vite limité, voire bloqué sinon.